EMILE ZOLA
1840-1902


Extrait du portrait de Zola par son ami Édouard Manet (Musée du Louvre)

«Je n'ai qu'une passion, celle de la lumière, au nom de l'humanité
qui a tant souffert et qui a droit au bonheur.»
J'accuse!


Confidence / Zola par Maupassant / Oeuvres / Commentaires / J'accuse!
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Confidence autobiographique

d'un jeune homme de 20 ans
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SES OEUVRES NUMÉRISÉES

Émile Zola par Cézanne (extrait)
Pas une parole n'était échangée. Ils tapaient tous,
on n'entendait que ces coups irréguliers, voilés et comme lointains.
Les bruits prenaient une sonorité rauque, sans un écho dans l'air mort.
Et il semblait que les ténèbres fussent d'un noir inconnu,
épaissi par les poussières volantes du charbon,
alourdi par des gaz qui pesaient sur les yeux.
Germinal
Extrait du manuscrit de J'accuse. Source: Bibliothèque Nationale de France.
J'accuse!
Des jeunes gens antisémites, ça existe donc, cela ? Il y a donc des cerveaux neufs,
des âmes neuves, que cet imbécile poison a déjà déséquilibrés ?
Quelle tristesse, quelle inquiétude, pour
le vingtième siècle qui va s'ouvrir !


Lettre à la jeunesse

Ce devait être une nature intelligente noyée au fond de la pesanteur de sa race et de sa classe,

un de ces esprits tendres et exquis logés en pleine chair, et qui souffrent de ne pouvoir
sortir rayonnants de leur épaisse enveloppe.


La Fortune des Rougon

Les fleurs se fanaient dans les grands cornets d'argent ciselé.

Et les convives s'oubliaient là un instant, en face des débris du dessert,
béats, sans courage pour se lever. Un bras sur la table, à demi penchés,
ils avaient le regard vide, le vague affaissement de cette ivresse mesurée et décente
des gens du monde qui se grisent à petits coups. Les rires étaient tombés,
les paroles se faisaient rares. On avait bu et mangé beaucoup,
ce qui rendait plus grave encore la bande des hommes décorés.
La Curée

 

 

Nana aux Variétés, dessin de G. Latouche

Depuis qu'elle allait avec d'autres pour le nourrir, elle l'aimait davantage,
de toute la fatigue et de tous les dégoûts qu'elle rapportait. Il devenait
son vice, qu'elle payait, son besoin, dont elle ne pouvait se passer,
sous l'aiguillon des gifles. Lui, en voyant la bonne
bête, finissait par abuser.


Nana

Une haleine froide, venue de loin, par-dessus les toits, lui glaçait le sang.

Était-ce cette misère du monde, cette réalité triste, dont on lui parlait
comme on parle du loup aux enfants déraisonnables ? Elle en
gardait une douleur, rien que d'avoir été effleurée.
Le Rêve
son gros oeil rond, la lanterne d'avant.
Lentement, il recula d'environ trois cents mètres, pour prendre du champ. Et, ayant poussé au feu,
dépassant même la pression permise, il revint contre le mur qui barrait la voie, il y jeta la Lison,
de toute sa masse, de tout le poids du train qu'elle traînait. Elle eut un han ! terrible de
bûcheron qui enfonce la cognée, sa forte charpente de fer et de fonte en craqua.
Mais elle ne put passer encore, elle s'était arrêtée, fumante, toute vibrante du
choc. Alors, à deux autres reprises, il dut recommencer la manoeuvre,
recula, fonça sur la neige, pour l'emporter ; et, chaque fois, la Lison,
raidissant les reins, buta du poitrail, avec son souffle enragé de
géante. Enfin, elle parut reprendre haleine, elle banda ses
muscles de métal en un suprême effort, et elle passa,
et lourdement le train la suivit, entre les deux
murs de la neige éventrée. Elle était libre.
La Bête humaine
Il [le roi de Prusse]attendait l'inévitable résultat de la bataille,
les yeux sur l' échiquier géant, occupé à mener cette poussière d'hommes,
l' enragement de ces quelques points noirs, perdus au milieu de l'éternelle et souriante nature.
La Débâcle
Vue d'ensemble des 20 livres
des Rougon-Macquart: histoire naturelle
et sociale d'une famille sous le second Empire:
L'inondation de la Garonne traitée par Zola devient une métaphore
Le crépuscule était venu. Une clarté louche flottait au-dessus de la nappe limoneuse.
Le ciel pâle avait l'air d'un drap blanc jeté sur la terre. Au loin, des fumées traînaient.
Tout se brouillait, c'était une fin de jour épouvantée s'éteignant dans une nuit de mort.
Et pas un bruit humain, rien que le ronflement de cette mer élargie à l'infini,
rien que les beuglements et les hennissements des bêtes !
             - Mon Dieu! mon Dieu ! répétaient à demi voix les femmes,
comme si elles avaient craint de parler tout haut.
Un craquement terrible leur coupa la parole.
Les bêtes furieuses venaient d'enfoncer les portes des étables.
Elles passèrent dans les flots jaunes, roulées, emportées par le courant.
Les moutons étaient charriés comme des feuilles mortes, en bandes, tournoyant au milieu des remous.
Les vaches et les chevaux luttaient, marchaient, puis perdaient pied.
Notre grand cheval gris surtout ne voulait pas mourir; il se cabrait, tendait le cou,
soufflait avec un bruit de forge ; mais les eaux acharnées le prirent à la croupe,
et nous le vîmes abattu, s'abandonner. Alors, nous poussâmes nos premiers cris.
Cela nous vint à la gorge, malgré nous. Nous avions besoin de crier. Les mains tendues
vers toutes ces chères bêtes qui s'en allaient, nous nous lamentions,
sans nous entendre les uns les autres, jetant au-dehors les pleurs
et les sanglots que nous avions contenus jusque-là.
Ah ! c'était bien la ruine les récoltes perdues, le bétail noyé, la fortune changée
en quelques heures ! Dieu n'était pas juste nous ne lui avions rien fait, et il nous reprenait tout.
Je montrai le poing à l'horizon. Je  parlai de notre promenade de l'après-midi, de ces prairies, de ces blés,
de ces vignes, que nous avions trouvés si pleins de promesses. Tout cela mentait donc ? Le bonheur mentait.
Le soleil mentait, quand il se couchait si doux et si calme, au milieu de la grande sérénité du soir.
L'Inondation, 1882.

Son oeuvre dans La Pléiade

Oeuvres de Zola portées à l'écran

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COMMENTAIRES

Signature de Zola au bas de sa lettre ouverte du 13 janvier 1898. Source: Assemblée Nationale de la République Française.
Notes d'un ami

par Paul Alexis
version électronique de Michael Lastinger


"tout ministre qui interdit une pièce est voué à l'éternel ridicule"

un article de Zola sur la censure de l'adaptation
au théâtre de Germinal par William Busnach
(les Busnach sont apparentés aux Bacri)


Une étude de La Bête humaine en seconde

(fichier Word, compressé zola.exe, à télécharger)


Lycée Claude Monet. Le Havre

Étude sur Germinal

LA FOULE ET LE ROMANESQUE DE LA DEGRADATION DANS GERMINAL
-DU PEUPLE A LA FOULE -
par Guy Barthélemy, professeur agrégé de français,
lycée Marcel Gambier de Lisieux.

 

 

Arrière de la grande maison. Photographie prise par Veroniqua Leuillot lors du dernier pélerinage annuel à Medan.

Photo de Veroniqua Leuillot, dans La page du mois
La maison de Zola à Medan, "payée par la littérature" et consacrée au travail:
la tour carrée, rajoutée, s'appelle Nana, comme la barque grâce à
laquelle l'auteur des Rougon-Macquart canotait sur la Seine
et visitait son chalet sur la petite île de Paradou.
La tour hexagonale, rajoutée, elle aussi,
s'appelle Germinal.


«J'ai l'hypertrophie du détail vrai, le saut dans les étoiles sur le tremplin de l'observation exacte.
La vérité monte d'un coup d'aile jusqu'au symbole.»
Lettre à Henry Céard sur Germinal
Correspondance d'Émile Zola
Notes biographiques


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AFFAIRE DREYFUS

J'ACCUSE

 

 

Merci à Pamela Wilson de latimes pour son aide.

Alfred Dreyfus, né en 1859, officier juif d'origine alsacienne,
accusé d'espionnage, condamné en 1894 et déporté (affaire du bordereau);
son procès sera annulé en 1899 et il sera recondamné puis grâcié la même année.
Justice lui sera enfin rendue avec la cassation du jugement en 1906 et sa nomination au grade
de Chevalier de la Légion d'honneur! Le célèbre article de Zola, de 1898, y fut pour beaucoup.

 
 

Tombeau d'Alfred Dreyfus. Une de ses descendantes est morte à Auschwitz.

Caveau de la famille d'Alfred Dreyfus au Cimetière
Montparnasse: on voit où mène l'antisémitisme

 

 

«Je n'ai pas voulu que mon pays restât dans le mensonge et dans l'injustice.»
«Un jour, la France me remerciera d'avoir aidé à sauver son honneur.»

Déclarations d'Émile Zola au jury lors de son procès.

 

 

J'accuse! / Lettre à la France
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J'accuse!

Dégradé devant l'armée - honte suprême pour un officier.

Dégradation d'Alfred Dreyfus
le 5 janvier 1895, avant d'être déporté
dans l'île-du-Diable. Alfred Dreyfus sera réintégré dans
l'armée en 1905 et mourra en 1935 avec le grade de lieutenant-colonel.
«La France redeviendra la terre de l'équité et de la bonté.»
Lettre à Alfred Dreyfus, 6 juillet 1899


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Texte intégral de la lettre d'Émile Zola à Félix Faure, Président de la République, le 13 janvier 1898


Alfred Dreyfus face à Esterhazi qui comprenait si mal la notion d'honneur

Texte connexe
Lettre à la France
Collection électronique
Bibliothèque Municipale de Lisieux
Depuis le 4 juin 1908, Émile Zola partage le caveau de Victor Hugo au Panthéon


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modifié le 18 mars 2008
 

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