COLLOQUE DE POISSY
un oecuménisme à l'époque des guerres de religion
(9 - 26 septembre 1561)

Gravure d'époque: Théodore de Bèze, au milieu des 12 ministres du culte calviniste, parle.
Apparemment axé sur la tolérance, le colloque de Poissy était une toile d'araignée d'où le clergé français ne
pouvait sortir sans obtempérer à la couronne. C'était compter sans ces chiens de Dieu, convaincus de leurs
idées, les ministres protestants qui offrirent aux prélats, sans le vouloir, une voie de sortie inespérée:
le scandale du sens donné à une syllabe. Pierre Cohen-Bacrie, Philosophie, éducation, culture.
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Tentative de la couronne de France de faire appel au clergé gallican pour traiter directement avec les protestants français afin apparemment de trouver un terrain d'entente doctrinal et de préserver la paix, la succession d'événements appelée "Colloque de Poissy" mérite qu'on s'y arrête. Il s'agit de comprendre comment l'humanité a, en cette occasion, été tentée par deux désirs aussi forts l'un que l'autre: celui de la tolérance et celui de la préservation de la tradition. Et il s'agit de voir sur quel texte, sur quelle phrase, sur quel mot, sur quelle syllabe, prit fin l'espoir. De l'échec du colloque de Poissy naquit une recrudescence des guerres de religion qui mena tout droit au massacre de la Saint-Barthélémy -permis par la couronne, ce qui fait réfléchir sur la bonne volonté des princes, un jour amis de la tolérance, un autre jour thuriféraires de la plus intransigeante de toutes les intolérances: l'appel au meurtre (comme l'avait bien vu Machiavel). Mais l'esprit du Colloque de Poissy inspira aussi, une guerre de religion plus tard, le beau texte d'Henry IV connu sous le nom d'Édit de Nantes.

Sur les 113 prélats appelés à Poissy pour un colloque pré-synodal par la Régente de France, 50 se présentèrent le 31 juillet 1561: 6 cardinaux (Tournon, Lorraine, Armagnac, Bourbon, Châtillon et Guise), 3 archevêques (Bordeaux, Tours et Embrun) et 41 évêques. L'adresse d'ouverture fut lue en français -langue de la cour- et non en latin -langue de l'Église- par le chancelier Michel de l'Hospital, après une brève allocution du roi Charles IX - encore enfant (il avait 11 ans). La Régente Catherine de Médicis, tour à tour inquiétante et rassurante, finira par interdire de quitter Poissy sans son autorisation.

Le président, honneur dû à l'âge, fut Tournon. Le réel président d'assemblée fut Lorraine. Les quelques théologiens catholiques qui avaient tendance à faire preuve d'ouverture d'esprit, n'eurent pas le droit de vote, même si Lorraine, à la fois porteur de la tradition et parfois apparemment modéré, l'aurait souhaité. Un subside pour le Roi fut voté sous la menace de saisie des biens ecclésiastiques. Châtillon scandalisa pour avoir osé communier à sa manière. Tels furent les débuts un peu ternes et peu prometteurs de ce colloque,où, il faut le noter, les prélats catholiques ignoraient avoir à recevoir des protestants.


Catherine de Médicis, alors régente, tenta vainement de prévenir les guerres de religion
Gisants de Catherine de Médicis et d'Henry II
Cathédrale de Saint-Denis

Si l'esprit de tolérance à l'origine du colloque de Poissy est dû au bon conseiller Michel de l'Hospital, c'est la Reine-Mère et Régente Catherine de Médicis qui en est responsable. Pari risqué d'autonomie relative par rapport à Rome (et à l'Espagne menaçante aussi bien avec ses armées qu'avec sa cinquième colonne : la future Ligue), et de rapprochement calculé par rapport aux puissances protestantes à l'extérieur et à l'intérieur du royaume, le colloque ne pouvait réussir que si le haut clergé cédait à la menace et aux pressions - sans même parler de la simple humanité de la raison et du coeur - au lieu de poursuivre invariablement le même chemin: celui de la tradition et de l'anathème, qui mène à Rome, comme chacun sait.

Premier élément machiavélique, la tenue concommitante d'États généraux à Pontoise appelait la fin des envois d'argent à Rome, la saisie de biens ecclésiastiques et, bien-sûr la liberté de religion. Les prélats catholiques pourraient alors préférer définir eux-mêmes leur destin en jouant la carte offerte par la régente au Colloque: une réforme interne de l'Église de France plus avancée que celle attendue du Concile de Trente, effectuée sous les auspices du Roi (ou plutôt de la Reine mère) tout en étant ultérieurement soumise pour ratification au Pape.

Deuxième élément machiavélique, le fait accompli -surprise - de la présence des délégués protestants (annoncés par Armagnac le 25 août 1561) qu'il fallut bien au moins écouter. Les prélats rassemblés à Poissy étaient en fait dans une toile d'araignée si bien tissée qu'ils n'en pouvaient sortir qu'en aquiescant aux volontés de la couronne, même si 5 évêques s'opposèrent à écouter les protestants. Allaient-ils proposer l'élection des évêques participant au Concile, l'usage liturgique du français, un adoucissement des exigences en matière de communion propre à opérer un rapprochement avec les protestants, une révision de la distance hiérarchique entre évêques et prêtres, dépouiller les églises de l'ostentation des images et des orgues et questionner la suprématie de l'Église de Rome?


Théodore de Bèze
"Mais quel malheur a fait que les prélats de France
N'ont voulu contre Bèze à Poissy disputer?"
Poème anonyme d'époque

Mais c'était compter sans l'autre intolérance, celle des chiens de Dieu, ces hommes aux vêtements sombres et modestes, dotés d'un orgueil sans limite; ces hommes qui avaient ce qui résiste à tout calcul: des idées et une conscience -trop bonne pour être ouverte, dirait-on-: les protestants. Comment en effet, celui qui est insusceptible de doute pourrait-il vraiment dialoguer avec son voisin qui pense différemment? Il ne peut, en définitive, que le sermonner.

Le 27 août, à Saint-Germain-en-Laye, une session conjointe de délégués des États Généraux de Pontoise et du Colloque de Poissy entendit Michel de l'Hospital, qui leur rappela que le but n'était pas de construire une religion, mais de construire une république où même les non chrétiens peuvent être citoyens - a fortiori les membres des factions chrétiennes rivales: protestante et catholique.

Lorraine et Tournon quittèrent l'assemblée, car ils refusaient le primat accordé aux princes du sang (protestants comme Antoine de Bourbon -père du futur Henri IV- et Condé) sur les cardinaux. Catherine de Médicis usa de sa diplomatie. Les États généraux, sous l'influence de Coligny, reconnurent la régence de Catherine et furent dissous, ayant bien servi, le 31 août 1561. Restait donc le Colloque de Poissy devenu par surprise interconfessionnel.


Henri III, qui succéda à son frère Charles IX, se montra un digne élève de sa mère Catherine de Médicis et de Machiavel
Tableau de Pierre-Charles Comte, conservé au Château de Blois.
Henri de Lorraine, 3ème duc de Guise et le cardinal, chefs du parti catholique, sont reçus par Henri III
le 22 décembre 1588 à Blois. Ils y seront tous deux assassinés, du vivant de Catherine de Médicis,
comme le fut, lors de la Saint-Barthélémy, en 1572, l'Amiral de Coligny, chef du parti protestant.
L'idéal de tolérance du chancelier Michel de l'Hospital au Colloque de Poissy était alors loin.

Lors de sa première rencontre avec Théodore de Bèze, arrivé de la suisse calviniste, le cardinal de Lorraine se montra peu enclin à faire de la transubstantiation*, qu'il prônait pourtant lui-même, un article de foi propre à empêcher un rapprochement; de Bèze exprimant son soutien à une signification de présence réelle. Transubstantiation: le pain n'est plus du pain, c'est le corps du Christ. Consubstantiation: le pain est toujours du pain, mais le corps du Christ y est aussi réellement présent. La position calviniste rejette l'une et l'autre pour voir dans le sacrement de l'Eucharistie une matière invariable (du pain) mais signifiante de la présence du Christ.

Craignant un incendie criminel de la part des protestants, les catholiques tinrent un seau d'eau dans chaque pièce; craignant l'empoisonnement de la part des catholiques, les protestants se méfièrent de la soupe (la réputation des minestrone "à l'italienne"). C'est dans ce contexte d'espoir et de défiance que s'ouvrit le 9 septembre 1561 la partie interconfessionnelle du colloque de Poissy qu'on appellera tout simplement le Colloque de Poissy avec l'adresse du jeune Roi et de son conseiller.



La Collégiale de Poissy

La Grâce seule et l'Écriture seule, telles furent les différence auxquelles Théodore de Bèze affirma que les protestants ne renonceraient en aucun cas, même s'ils restaient proches du catholicisme sur certains articles de foi et ouverts au changement sur des points mineurs. Il réclama la protection du Roi pour les calvinistes français et la fin des persécutions et de l'injustice. En s'opposant à la transubstantiation catholique et à la consubstantiation luthérienne, de Bèze formula la position calviniste: le pain est du pain et reste du pain, c'est sa signification qui change dans le sacrement. Sa formule célèbre: "Le corps du Christ est aussi loin du pain et du vin que le ciel de la terre", somme toute évidente pour qui réfléchit librement, mais peu habile en ce contexte, fut [intentionnellement?] mal comprise comme blasphématoire.

C'est le 16 septembre que le cardinal de Lorraine apporta la réponse catholique. Il évoqua la supersubtantialité de l'union avec le Christ et le mystère -inaccessible à la raison- de la présence réelle dans l'Eucharistie, sans faire référence à la transubstantiation. Enfin il conjura les calvinistes de laisser tranquilles leurs troupeaux (les fidèles catholiques), de partir ou de se convertir.

Alors que des princes allemands luthériens étaient invités, arrivèrent au colloque de Poissy deux délégués de la papauté: le cardinal de Ferrare, fils de Lucrèce Borgia, et Diego Lainez, le général des Jésuites. Le Colloque reprit en plus petite compagnie le 24 septembre. Il y avait alors, outre la Reine mère, le Roi et la Reine de Navarre (Antoine de Bourbon et Jeanne d'Albret), L'Hospital, Condé et Coligny (princes du sang protestants: Navarre et Condé, conseiller catholique: L'Hospital, conseiller protestant: Coligny), 5 cardinaux (Tournon s'étant retiré), 3 évêques, 3 théologiens et le général des Jésuites. Treize ministres du culte protestants formaient la délégation calviniste. Il y eut un nouvel échange de discours entre le cardinal de Lorraine, Théodore de Bèze et deux théologiens catholiques. Puis vint l'exigence des prélats catholiques que les ministres protestants signassent, préalablement à la reprise de la discussion, le 26 septembre un article de foi sur l'Eucharistie conforme au catholicisme (sans le mot transubstantiation toutefois), mais plus proche du luthérianisme (consubstantialiste) que du calvinisme. Sur le refus évident et attendu des calvinistes, le Colloque de Poissy proprement dit prit fin.



Hoc est corpus meum : ceci est mon corps

Cependant Catherine de Médicis n'était pas femme à abandonner. Sur le conseil de Michel de l'Hospital, elle décida de réduire encore le nombre des participants à cinq de chaque côté et d'entamer des discussions privées à Saint-Germain-en-Laye où résidait la Cour, hors de la présence des délégués du Pape. L'appui du cardinal de Lorraine fut conditionnel à ce que le seul sujet de débat soit l'Eucharistie. On comprend que l'Église de France voulait éviter tout dialogue sur sa réforme morale, le luxe de son haut-clergé, sa hiérarchie, son obédience ultramontaine, et tout autre point réellement important pour se concentrer sur une seule syllabe : "hoc". "Ceci" fait-il référence au corps ou au pain? Au corps, dit de Bèze. Au pain, selon la grammaire latine, dit un théologien catholique...

Montaigne écrira : «Combien de querelles et combien importantes a produit au monde le double sens de cette syllabe, Hoc!». Et Ronsard, présent dans l'assistance au Colloque de Poissy, écrivit, désabusé et amer: "Les apôtres, jadis, preschoyant, tous d'un accord, Entre vous aujourd'huy ne règne que discord".



Vue du château où résidait la cour pendant le colloque de Poissy
Château de Saint-Germain-en-Laye

Le 29 septembre 1561, à Saint-Germain-en-Laye furent donc convoqués trois théologiens et deux évêques, du côté catholique, et cinq protestants. Il s'agissait des théologiens d'Espence, Bouteiller (critique de la hiérarchie - proche en cela des protestants) et Salignac (qui finira par se convertir au calvinisme, mais des années plus tard), des évêques Montluc, évêque de Valence (détesté du Pape pour ses positions libérales), et du Val, évèque de Séez. Ils ne représentaient pas les prélats toujours assemblés à Poissy pour discuter de questions internes. Les 5 protestants étaient de Bèze (de Genève, représentant Calvin), Martyr ( de Zurich, ne parlant qu'italien, il avait l'oreille de la Reine mère, mais devait laisser de Bèze s'exprimer en français), Nicholas de Gallars, Augustin Marlorat et Jean de l'Espine.

Malgré la qualité des hommes, il faut reconnaître que les tenants de la tradition catholique avaient beau jeu de soulever la question de la représentativité de ce "dialogue de Cour". Il n'en reste pas moins que les 5 catholiques demandèrent aux protestants de croire en la présence réelle ou sustantielle dans l'Eucharistie; et Martyr refusa net: il y opposa la présence spirituelle et même la réception spirituelle de la part du fidèle. Martyr en ceci était plus radical que de Bèze, qui était enclin à accepter les mots" "présence réelle", interprétés par lui, on l'a vu comme présence réelle au Ciel et dans le coeur des fidèles. Mais Calvin intervint par lettre pour appuyer Martyr et mettre en garde contre des concessions sur "la vérité".

Après une première formule de compromis soumise aux prélats et aussitôt rejetée comme objet de damnation, il revint à d'Espence de proposer une phrase qui faisait le pont entre les deux points de vue (substantiel ou spirituel, réel ou par la foi, objectif ou subjectif), en évitant le mot transubstantiation. Ce fut cependant au tour des calvinistes de la refuser et de l'amender après que de Bèze eut réaffirmé que la présence réelle ne pouvait être dûe qu'à la foi seule, et était donc subjective et non objective.


Le vieux pont de Poissy ne permet pas
plus de communication que ne le fit
le colloque du même nom


Le 2 octobre, les prélats encore assemblés à Poissy proposèrent de déclarer hérétiques les théologiens catholiques qui cherchaient, sur ordre de la Reine, un compromis avec les protestants à Saint-Germain-en-Laye. Telle était l'ouverture d'esprit du haut-clergé à la veille des guerres de religion. Catherine de Médicis intervint pour exiger que Montluc propose la formulation amendée par de Bèze à l'assemblée des prélats à Poissy; une commission fut donc nommée le 4 octobre pour étudier cette dernière formulation.

Le 9 octobre, la recommandation fut de déclarer la formulation hérétique, car, entre autres, le Christ a dit "Ceci est mon corps" et non " "Ceci sera mon corps quand vous le mangerez". Une autre formulation, très catholique celle-là, fut "proposée" aux ministres protestants. Depuis le début, le but officiel des prélats catholiques était de convertir les ministres protestants*, et ceux-ci désiraient avant tout ouvrir les yeux de la Cour et obtenir la protection royale. Sept voix dissidentes se firent entendre dans l'assemblée des prélats - par ailleurs militante, récitant en coeur leur profession de foi et s'engageant à la maintenir jusqu'à la mort. D'Espence fut convoqué pour se justifier du soupçon de sympathie pour les protestants; il déclara qu'il était plus facile de censurer que d'écrire, et qu'il fallait éviter de mettre fin au dialogue. Il proposa donc d'abandonner tout anathème et de se remettre au travail. Mais l'assemblée se sépara le 13 octobre, sans même proposer quoi que ce fut aux protestants, et sans consulter Catherine de Médicis qui était bien capable de refuser une telle fin à son initiative.

Le 26 octobre arrivèrent les luthériens allemands, trop tard, remarqua un de Bèze soulagé de ce risque de confrontation entre protestants (craint par dessus-tout par Calvin). Mais comment ne pas voir qu'aux disputes des théologiens allait tôt ou tard succéder le fracas des armes?

Les autorités qui régentent les consciences ont trop souvent alimenté l'incompréhension et la haine, entretenu les préjugés et cultivé l'ignorance. Ces exhortations de Pierre Bayle et de Voltaire à la tolérance ne devraient-elles pas être inscrites sur tous les lieux de culte du monde?

Source principale: Donald Nugent, Ecumenism in the Age of the Reformation, Harvard University Press, Cambridge, 1974.
Source secondaire: Georges Bordonove, Les Rois qui ont fait la France: Les Valois, tome 6, Henri III, édition Pygmalion/Gérard Watelet, Paris, 1998, 316 pages (en particulier, le chapitre II: Le colloque de Poissy).
Autres sources (citées par D. Nugent): Histoire Universelle d'Agrippa d'Aubigné, p. 308-309. FELICE Philippe de 1961 Le colloque de Poissy, BSHPF CVII, p. 133-145, Paris. Histoire ecclésiatique des églises réformées au royaume de France. Ed. G. Baum and Ed. Cunitz, 3 vols, Paris, 1883-1889. KLIPFEL H. 1867 Le Colloque de Poissy, Paris. RUBLE Baron Alphonse de 1889 Le Colloque de Poissy, Mémoires de la Société de l'histoire de Paris et de l'Isle de France, XVI, p. 1-56.

Note sur la transubstantiation: le mot n'apparut qu'en 1215, au quatrième Concile de Latran. La notion fut déclarée article de foi au Concile de Trente, en 1564. Retour au texte.

Note sur l'oecuménisme "à la romaine", dont le but est de convertir les interlocuteurs: cette tendance existe encore aujourd'hui au sein de la Congrégation pour la doctrine de la foi (qui a succédé en 1965 au Saint-Office, lequel avait succédé en 1906 au Saint Office de l'Inquisition, plus connu sous le nom d'Inquisition). Voir sa déclaration du 6 août 2000 sur l'unicité de l'Église en plein contexte d'ouverture oecuménique de la part de Jean-Paul II. L'Eucharistie y est mentionnée comme un élément clé, refusant même l'appellation d'Église à certaines communautés (calvinistes?):" les Communautés ecclésiales qui n'ont pas conservé l'épiscopat valide et la substance authentique et intégrale du mystère eucharistique, ne sont pas des Églises au sens propre". Retour au texte.

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