Premier prix du Concours Philosopher 1994-1995        



Obéir aux lois, c'est être libre

Pour la grande majorité de la population, la société et ses lois ne sont qu'un ensemble de contraintes, construit dans le but d'écraser la volonté individuelle et de rendre esclaves les individus qui la composent. Le propre de l'être humain semble être de toujours s'apitoyer sur son sort, quel qu'il soit; mais le propre du philosophe est de réfléchir et de juger si ce même être humain a bien raison de s'apitoyer... C'est ce qu'a tenté de faire Jean-Jacques Rousseau en analysant notre société et les lois auxquelles nous sommes soumis. Suite à ses réflexions, il est arrivé à dire qu'«obéir aux lois, c'est être libre», citation qui en surpris sûrement plusieurs, puisqu'elle en surprend encore beaucoup de nos jours.

Qui a raison, Jean-Jacques Rousseau ou la conscience populaire? Le point de vue de Rousseau est-il réaliste? Si oui, doit-on y souscrire de manière inconditionnelle? Voilà autant de questions que soulève, par l'entremise de l'idée de Rousseau, le sujet de la liberté en regard des lois.

Ce sujet est universel, car à toutes les époques et dans toutes les sociétés, nombreux sont ceux qui ont développé leur propre conception de la liberté ainsi que la position de cette dernière face aux lois. Ces conceptions, sans pour autant être identiques, s'entrecoupent souvent, comme le démontrent la philosophie rousseauiste, le rationalisme et le marxisme, pour ne nommer que ceux dont nous analyserons plus bas le point de vue.

Pour ma part, je considère le point de vue de Rousseau comme étant le reflet fidèle d'une réalité fondamentale de l'existence humaine, pour autant qu'on l'interprète avec certaines nuances. En effet, il est indispensable de préciser certains éléments pour bien comprendre que le paradoxe qui semble émaner de l'idée de Rousseau est en fait créé par la définition populaire de la liberté. Au contraire, lorsque l'on définit la liberté comme étant une réalité sociale et non une absence totale de contrainte, le conflit avec les lois est beaucoup moins catégorique. Il est donc important de faire la différence entre la liberté populaire, dite «absolue», et la liberté sociale, plus philosophique et, surtout, plus réaliste.

L'autre composante à ressortir du point de vue de Rousseau concerne l'obéissance aux lois. L'être humain, en plus d'être un être essentiellement social, est un animal doué d'intelligence. Il peut donc réfléchir à sa propre vie et ainsi exercer son pouvoir de la rendre meilleure. Or, les lois sont le meilleur moyen qu'il a trouvé pour appliquer ce pouvoir. C'est ce qui explique la prolifération des lois à l'intérieur de notre société moderne, et qui rend indispensable l'élaboration d'un concept d'obéissance éclairée, et non aveugle et inconditionnelle, aux lois.

I- Différentes visions d'une même citation

Le moins que l'on puisse faire, avant d'analyser une idée, est de cerner ce qu'entend par là son auteur. Sur quoi se base donc Jean-Jacques Rousseau pour affirmer qu'«obéir aux lois, c'est être libre»? Nous ne nous lancerons pas, ici, dans une analyse exhaustive de la philosophie rousseauiste sur l'origine de la société; nous dirons seulement que, selon cette philosophie, l'être humain, en perdant graduellement son état de nature au profit de l'état de société, a cherché à se rapprocher de ses semblables pour former une volonté commune et créer ainsi «une forme d'association qui défende et protège de toute la force commune la personne et les biens de chaque associé, et par laquelle chacun s'unissant à tous n'obéisse pourtant qu'à lui-même et reste aussi libre qu'auparavant.»1 L'auteur ajoute également que «les lois ne sont proprement que les conditions de [cette] association civile.»2 Ce qu'il décrit ici n'est rien d'autre que l'entente fondamentale à la base de la société, qu'il a nommé le «contrat social».

Sommes-nous plus libres sous le joug de cette entente, obéissant aux lois, que dans notre état de nature, n'obéissant qu'à nous-mêmes? Rousseau répond oui, car en adhérant au contrat social, nous nous donnons une liberté supérieure à celle que nous aurions pu trouver à l'état de nature. En effet, l'égalité civile, donnant à tous les individus les mêmes droits et les mêmes devoirs, est de loin plus avantageuse pour tous que le principe naturel nous donnant la liberté de combler tous nos besoins par nos seuls et uniques moyens, laissant les plus faibles à la merci des plus puissants. Les lois nous protègent donc contre tout individu voulant combler ses besoins en empiétant sur les nôtres.

La doctrine rationaliste a, elle aussi, amplement creusé la question de la liberté en regard des lois. Mais il est d'abord utile d'exposer sa vision particulière de l'être humain. Les rationalistes identifient dans l'être humain deux aspects en opposition<+>: un aspect rationnel, qui le différencie du simple animal, et un aspect instinctuel. L'instinct, commun à tous les animaux, pousse à agir inconsciemment, tandis que la raison, propre à l'être humain, est la faculté qu'a celui-ci de réfléchir sur le monde qui l'entoure pour le comprendre et, au besoin, le changer. Se laisser aller à ses instincts, c'est en être esclave, puisqu'ils ne nous permettent aucunement de choisir ou de décider. À l'opposé, se servir de sa raison pour contrôler ses instincts, c'est avoir le choix de ses actions et donc, être libre. La liberté, au sens rationaliste du terme, désigne donc «un état idéal où la nature humaine serait exclusivement gouvernée par ce qu'il y a en elle de supérieur»3, ce qu'il y a en nous de supérieur étant évidemment la Raison.

Par ses définitions de l'être humain et de la liberté, la philosophie rationaliste apporte un nouveau sens à la citation de Rousseau. En effet, les lois étant issues de la raison pour contrôler et limiter les passions et les instincts, leur obéir, c'est être libre. Ces lois issues de la raison humaine sont nombreuses et certaines sont presque universelles, comme les lois interdisant de voler, ou celles interdisant les rapports sexuels sans consentement de la part des deux partenaires, autrement dit les lois interdisant d'assouvir nos pulsions, nos instincts comme et quand bon nous semble. Mais encore faut-il exercer sa raison et ne pas obéir aveuglément à n'importe quelle loi, comme on obéirait à un instinct. Nous verrons plus loin l'importance d'une obéissance éclairée aux lois.

«Obéir aux lois, c'est être libre» convient aussi, dans un sens différent, à la conception marxiste de la liberté. En effet, celle-ci «n'est pas dans une indépendance rêvée à l'égard des lois de la nature, mais dans la connaissance de ces lois et dans la possibilité donnée par là même de les mettre en oeuvre méthodiquement pour des fins déterminées.»4 Selon Marx et Engels, on ne peut donc faire abstraction des lois, pour la simple raison qu'elles existent et qu'elles sont nécessaires à la société pour fonctionner. Il faut donc les respecter, mais pour en tirer le meilleur parti possible et pour obtenir une certaine liberté, elles doivent également être comprises. En comprenant les lois de la nature, il est possible de n'être plus leur esclave ignorant et soumis, mais bien de pousser leurs limites toujours plus loin : «[...] le feu par frottement a donné à l'homme pour la première fois l'empire sur une force de la nature et, en cela, l'a séparé définitivement du règne animal.»5 Lorsque l'être humain a appris à produire le feu (presque) à volonté, il a effectué son premier pas vers la liberté au sens marxiste du terme.

II- Une liberté nuancée

Chaque doctrine étudiée plus haut semble accepter l'idée de Rousseau, tout en y intégrant son optique particulière. Mais chacun sait qu'une idée ne peut être considérée comme vraie pour la seule raison que beaucoup y croient. Il faut d'abord analyser en profondeur l'idée qui nous est soumise. Selon nous, qu'est-ce qu'être libre?

Nous avons parlé plus haut du paradoxe engendré par la définition rousseauiste de la liberté en regard de la conception populaire. En fait, qu'est-ce donc que cette conception qui semble si problématique? La vox populi définit la liberté comme le pouvoir de faire ce que l'on veut, quand on le veut, où on le veut, sans aucune contrainte ni conséquence. Elle entre évidemment en conflit avec celle de Rousseau qui définit la liberté comme étant l'obéissance aux lois. Mais un bémol se pose quant à la logique de la définition populaire; même sur une île déserte, ne souffrant plus aucune contrainte d'aucune société ni d'aucun autre être humain, un individu est soumis à des lois auxquelles il ne peut absolument pas déroger, telles les lois physiques qui constituent son essence propre : manger, boire, dormir, respirer, etc... Ce sont là des lois encore plus sévères que celles qui régissent notre pays, puisque la peine encourue pour l'infraction de l'une d'entre elles n'est ni plus ni moins que la peine de mort... Il faut aussi considérer que bien d'autres lois que celles qui gouvernent notre corps et notre société nous ont créés, nous et notre univers : les lois de la gravité et de l'attraction universelle, les lois de la physique et de la chimie, du temps et de l'espace, etc. Nous subissons ces lois probablement plus que nous leur obéissons, mais nous ne pouvons leur désobéir. La liberté «absolue», conçue comme absence de toute loi, n'est donc pas seulement impossible, mais également irréaliste.

Cette liberté dite absolue, dont rêvent bien des gens, est également une entrave à l'atteinte de toute liberté, puisque la majorité des gens, rêvant à une liberté impossible, désespèrent de ne jamais être libres et se laissent mener par des hommes et des femmes d'État qui utilisent leur pouvoir de créer des lois à des fins personnelles. Puis la roue tourne, les lois se multiplient, les rêveurs d'«absolu» désespèrent de plus en plus et se laissent gouverner bêtement, sans dire un mot. La conception populaire de la liberté est le moteur de cette roue.

Du moment où l'on a pu se débarrasser de cette idée dévastatrice de liberté «absolue», il nous est possible de considérer d'autres définitions comme pouvant être plus réalistes et réalisables. La liberté a été analysée par toutes les doctrines, tous les philosophes, dont ceux présentés plus haut. Il m'est d'autant plus nécessaire d'expliquer ce que j'entends personnellement par liberté que plusieurs définitions différentes coexistent. La plus importante distinction à faire est sans contredit la différence entre la liberté «absolue», définie ci-haut, et la liberté sociale, à laquelle la grande majorité des philosophes se sont déjà ralliés, pour la simple raison qu'elle est la plus logique pour l'être humain, un être social qui a, et aura toujours, besoin de ses semblables pour survivre, vivre et s'épanouir. Il faut donc adoucir la conception «absolue» de la liberté et la modifier pour la rendre applicable à la condition humaine. Cette liberté réaliste est définie par Le Petit Robert comme étant le «pouvoir d'agir, au sein d'une société organisée, selon sa propre détermination, dans la limite de règles établies». La nécessité d'un tel adoucissement du concept de liberté «absolue» est facilement démontrable, car si ma liberté est absolue, telle est aussi celle de mon voisin. Mais en exerçant ma liberté, n'empiéterais-je pas sur la sienne? Puis lui de même, exerçant son droit de tout faire, n'entrerait-il jamais en conflit avec mon même droit, aussi inaliénable que le sien? Par cette voie, on arrive rapidement au coeur de la jungle, ou à la liberté de l'état de nature décrit par Jean-Jacques Rousseau.

La liberté sociale, donc, n'est rien de moins que d'agir selon sa propre volonté, en respectant celle des autres. Mais il nous reste encore à considérer si le respect des autres passe bel et bien par le respect inconditionnel des lois.

III- Obéir aux lois...

Maintenant que nous avons défini ce qu'est, d'un point de vue réaliste, la liberté, il importe de considérer si celle-ci correspond, comme Rousseau l'entend, à l'obéissance aux lois. D'abord, que signifie «obéir»? Selon plusieurs, c'est «se conformer à ce qui est imposé par autrui ou par soi-même»6. Parmi les adeptes de cette définition, nombreux sont ceux qui obéissent aveuglément à l'ensemble des lois, pour la simple raison qu'elles sont légales. Mais est-ce vraiment être libre que d'obéir ainsi à toutes les lois, aveuglément, sans réfléchir, sous le seul prétexte qu'elles existent? Je ne crois pas que ce comportement puisse être associé à l'idée de liberté. Ici entre donc en ligne de compte la question de la légalité et de la légitimité des lois.

La légalité est définie comme étant la conformité à la loi, tandis que la légitimité est décrite comme la conformité à l'équité et à la justice. Ce qui est légal n'est donc pas nécessairement légitime, et vice versa. Un excellent exemple de cette opposition, tiré de notre actualité, se produit à Paris depuis déjà quelques années : beaucoup d'immeubles à logements restent inoccupés parce que trop coûteux, mais encore bien plus de familles parisiennes sont dans la rue, parce que, justement, les loyers sont bien au-dessus de leurs moyens. Une loi parisienne stipule que personne n'a le droit d'occuper un immeuble si le propriétaire ne l'y autorise pas. Mais une loi morale (décrite également dans la Charte des droits et libertés) indique aussi que chaque famille, chaque individu, a le droit d'être logé convenablement. L'abbé Pierre, en association avec le philosophe Albert Jacquard, considérant la seconde loi de loin plus légitime que la première, a donc commencé à installer les sans-abri dans ces immeubles autrement inutiles, avec tant de détermination d'ailleurs, que les autorités parisiennes, considérant la légalité des propriétaires par rapport à la légitimité des sans-abri, donnent de plus en plus raison à l'abbé Pierre.

Un exemple aussi concret mais bien plus près de nous est le conflit opposant les médecins et les sages-femmes du Québec. D'un côté, les médecins s'appuient sur de multiples lois pour empêcher les sages-femmes de pratiquer des accouchements et, de l'autre, les sages-femmes clament la légitimité du droit de chacune d'accoucher avec l'aide de qui lui semble le plus compétent. Il ne reste plus à notre système législatif qu'à déterminer quel point de vue est le plus légitime et à modifier les lois concernées si cela semble nécessaire.

Il est donc indispensable, pour chaque individu, autant comme être humain capable de réflexion que comme membre d'une société, de juger de la valeur légitime d'une loi ou d'un point de vue avant de l'adopter. Mais le piège où il est facile de tomber est qu'il faut juger de la valeur humanitaire d'une idée, et non de la valeur personnelle qu'on peut lui attribuer. Cette loi, cette idée, est-elle utile au bien de la société en général, ou seulement à celui d'une minorité? Si je l'accepte comme étant utile à la société, je me dois, en tant que membre de cette société, pour mon bien personnel et pour celui de la communauté, de lui obéir, même lorsqu'elle ne sert pas immédiatement et nécessairement mes intérêts personnels.

Mais pourquoi cela? Pourquoi considérer le bien de la communauté avant notre bien personnel? Parce que, comme nous l'avons mentionné, l'être humain est un être social. Lorsque nous remettons en cause l'utilité de la société («Qu'est-ce que je donnerais pour être seul(e) sur une île déserte...»), nous nous remettons nous-même en cause. Nous ne pouvons vivre, nous épanouir, être ce que nous sommes (des êtres humains), sans l'aide et l'appui des autres. Nous sommes indissociables de notre société, et respecter les lois qui forment cette société, c'est respecter nos semblables et se respecter soi-même. C'est une simple question de logique que nous avons déjà abordée avec le concept de la liberté sociale. En effet, si chaque individu décidait de ne respecter que les lois qui servent ses intérêts personnels du moment, personne n'obéirait aux mêmes lois en même temps et chacune de ces lois ne serait respectée que par un nombre restreint d'individus. Il s'ensuivrait inévitablement la dissolution de la société, et l'être humain n'aurait plus qu'à retourner à l'état de nature et à la loi de la jungle, ce qui n'est certes pas, ainsi que nous l'avons constaté plus haut, le meilleur chemin vers une liberté aussi complète que le permet la condition humaine. Oui, il faut juger de la valeur de chacune des lois, mais dans une optique humanitaire et réaliste, et non avec un regard d'enfant gâté qui court lui-même à sa perte.

Bref, «obéir aux lois, c'est être libre» est une réalité fondamentale à notre condition humaine, pour peu qu'elle soit définie comme une obéissance éclairée, permettant d'atteindre une liberté sociale, préférable pour tous à n'importe quelle autre. Car la liberté sociale, cette liberté d'agir comme bon nous semble à l'intérieur de règles définies, fait partie de l'essence même de l'être humain, parce qu'il est libre du fait qu'il pense par lui-même, mais qu'il a besoin de ses semblables pour vivre et s'épanouir. Le concept populaire de liberté «absolue» est le plus grand obstacle à l'atteinte de cette liberté sociale et ce pour deux raisons : d'un côté la majorité de la population rêve d'un monde utopique, et de l'autre, quelques individus croient avoir trouvé le chemin pour atteindre cette même liberté dans le contrôle des peuples et des lois elle-mêmes. Ces dirigeants ont le pouvoir de créer des lois pour assurer leur domination et ce qu'ils croient être leur liberté. Nul besoin de dire que ces lois ne sont, en majeure partie, aucunement légitimes...

Comme ces dernières sont nombreuses, le défi moral de notre société n'est donc plus d'adopter des lois pour régler ses menus problèmes et ses grandes envies, mais bien de faire le ménage dans ces lois pour ne maintenir que celles utiles à la communauté entière. À nous tous de dépasser notre paresse naturelle et de questionner sans cesse la légitimité des lois. Puis encore, à nous de trouver le courage de nous lever pour contester la légalité au profit de la légitimité et de la liberté.

NOTES

note = 1: Rousseau, Jean-Jacques, Du contrat social, livre I, chap. VI, page 51.

note = 2: Ibid, livre I, chap. VI, page 75.

note = 3: Lalande, André, Vocabulaire technique et critique de la philosophie, page 562.

note = 4: Engels, Friedrich, Anti-Dühring, page 146.

note = 5: Ibid, page 147.

note = 6: Le nouveau petit Robert, article «obéir», page 1511.

BIBLIOGRAPHIE

CUERRIER, Jacques, L'être humain, quelques grandes conceptions modernes et contemporaines, éd. McGraw-Hill, Montréal, 1994.

Dictionnaire Ouillet de la langue française, Librairie Aristide Quillet, Paris, 1971.

ENGELS, Friedrich, Anti-Dühring, éd. sociales, trad. E. Bottigelli, Paris, 1963.

LALANDE, André, Vocabulaire technique et critique de la philosophie, PUF, 12e édition, Paris, 1976.

Le Nouveau Petit Robert, éd. Petit Robert, Paris, 1995.

ROUSSEAU, Jean-Jacques, Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes, éd. Garnier-Flammarion, Paris, 1971.

ROUSSEAU, Jean-Jacques, Du contrat social, Garnier-Flammarion, Paris, 1966.



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Révisé le 23 mai 1999

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