Premier prix du Concours Philosopher 1992-1993       


Quelles sont les exigences et les limites de la tolérance en démocratie?

La question posée dans ce concours était déjà actuelle il y a deux cents ans. En effet, pendant la Révolution française, le problème du conflit entre démocratie et tolérance s'est posé avec acuité : la Terreur fut la solution adoptée1. Heureusement, ce genre de solution extrême est aujourd'hui discrédité. On pourrait même affirmer, en exagérant à peine, qu'il répugne tellement aux démocrates modernes de faire des entorses au principe de tolérance qu'ils préféreraient sacrifier la démocratie plutôt que de risquer d'apparaître intolérants. La solution, pour la démocratie, doit donc se trouver quelque part entre ces deux pôles : la Terreur et l'acceptation béate de sa propre destruction.

Nous allons tout d'abord retracer brièvement l'origine historique de la problématique pour en arriver à comprendre en quels termes se pose aujourd'hui cette question. Ensuite nous expliquerons pourquoi la tolérance doit avoir des limites. Enfin nous exprimerons notre propre solution en essayant de fixer les limites que la tolérance ne peut outrepasser sans mettre la démocratie en péril.

Le concept de tolérance fit son apparition dans la pensée occidentale au XVIIe siècle dans le Traité théologico-politique de Spinoza. Ce livre, qui était la première critique rationnelle de la Bible, proposait une nouvelle éthique, indépendante et tolérante, puisqu'elle rompait avec les orthodoxies religieuses de l'époque. Cette éthique de la tolérance fut ensuite élargie au domaine politique par John Locke, qui proposa le parlementarisme comme moyen de compenser l'arbitraire du pouvoir absolu en conférant des droits aux individus, légitimant ainsi la poursuite d'intérêts individuels. Ceci permit l'apparition du pluralisme, qui est l'essence même de la démocratie. On voit donc que, dès ses débuts, la démocratie s'est vue étroitement associée au concept de tolérance. Mais c'est durant le siècle des Lumières2 que ces deux concepts furent mis de l'avant avec le plus de vigueur. Montesquieu s'appliqua à élaborer la théorie de la séparation des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire, affinant ainsi la théorie de Locke et la rendant plus pragmatique. Les philosophes des Lumières, tel Voltaire, en prônant la tolérance, prétendaient que l'humain, doué de raison, comprendrait la nécessité de cet idéal et l'appliquerait. En combinant les théories sur la démocratie et la tolérance, on parvint à la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen et à la démocratie libérale.

Malheureusement, cette conception d'une humanité raisonnable et solidaire ne s'est pas avérée. Ironiquement, la démocratie libérale, en encourageant le pluralisme, n'a fait qu'accentuer les tendances à l'égoïsme car le pluralisme, allant de pair avec l'individualisme et l'hétérogénéité, favorise l'apparition d'intérêts opposés; ces conflits d'intérêts amènent souvent l'intolérance, qui n'est ensuite contenue que par le pouvoir...3 On est loin de l'idéal des Lumières! Face au constat d'échec de la «tolérance pure»4, on se doit de réfléchir afin de déterminer quelles doivent être les limites qu'il faut imposer à la tolérance pour la préserver de ses ennemis et assurer sa survie, ainsi que celle de la démocratie. Car on se retrouve maintenant dans une situation qui semble paradoxale : la tolérance permet l'apparition de l'intolérance et pour lutter contre cette intolérance on doit être intolérant!

On a déjà abordé la question du pluralisme. Nous y revenons car c'est une facette très importante du problème de la tolérance. Le pluralisme, qui est l'essence de la démocratie libérale, exige implicitement que l'on soit prêt à faire des compromis. Mais pour les faire, on doit accepter comme légitime la coexistence d'intérêts opposés, ce qui amène un problème important : plus un individu dira «nous» avec enthousiasme, plus il dira «ils» avec mépris. Cela a pour conséquence de favoriser l'apparition de l'intolérance. La solution est donc de mettre l'accent sur ce qui nous unit plus que sur ce qui nous désunit5. Cette solution de type humaniste ne tient cependant pas compte du fait qu'il arrive parfois que rien n'unit les membres de certains groupes, sinon le code génétique. Les guerres de religion en sont un bon exemple : lorsque la langue, la culture, la religion séparent les individus, il est difficile de les rapprocher... La raison même n'y suffit pas6. Il semble donc que le pluralisme ne soit applicable que dans des sociétés ayant un certain degré d'homogénéité7. Par contre, d'un point de vue épistémologique, le pluralisme est d'une importance capitale. C'est du choc des idées que naît la vérité. La diversité d'une société est un signe de santé car elle permet d'évoluer et de s'enrichir au contact d'influences nouvelles (qu'aurait été Rome sans la culture grecque?). De plus, la tolérance est, d'une certaine manière, fondée sur la faillibilité de l'entendement : la faiblesse et l'aveuglement de l'entendement humain, l'instabilité et l'absence de fondement absolu des connaissances prescriraient l'acceptation de la pluralité des opinions comme seul moyen d'assumer l'ignorance.8

Examinons de plus près le concept de tolérance. Le fait de tolérer est le fait de ne pas interdire, de ne pas exiger, ce qui sous entend que celui qui tolère pourrait réprimer. Mais qui tolère, qui a le droit de réprimer? L'État. À l'aide du droit, l'État s'oblige à tolérer. Pour que la tolérance soit applicable, il faut que tous suivent l'État dans cette voie. Si cette condition n'est pas remplie, c'est la théorie des dominos qui s'appliquera : afin de se protéger d'un voisin intolérant, tous deviendraient intolérants. À moins qu'il y ait des limites à la tolérance dont l'État fait preuve. On voit donc l'évidente nécessité de mettre des limites à la tolérance afin de la protéger!

La «tolérance pure» est fondée sur une conception erronée de l'être humain. Les humanistes croyaient que l'être humain était fondamentalement bon. Ils croyaient que l'éducation suffisait à rendre les gens raisonnables et que cette raison, que tous les humains possèdent, permettrait de poser l'universalité des valeurs. Ces conditions réunies, la tolérance deviendrait possible. Mais la réalité est tout autre : les humains ne sont pas fondamentalement bons, l'éducation ne conduit pas nécessairement à plus de rationalité et il est utopique de croire à l'émergence de valeurs universelles, car toutes les cultures n'accordent pas la même importance au rationalisme et de toute façon les individus ne fonctionnent qu'avec les valeurs qui servent leurs intérêts. Les philosophes utilitaristes anglais attaquent de front la conception d'une morale reposant sur l'impératif qu'est le devoir.9 De plus, la «tolérance pure» aboutit à une sorte de relativisme, c'est à dire qu'au nom de la tolérance, on accepte n'importe quoi sans essayer de déterminer la valeur de ce qu'on tolère; tout se vaut et contester cela est parfois assimilé à de l'intolérance. Mais il y a une limite à la tolérance aveugle. Le manque d'horizon, l'absence de critères sur lesquels on pourrait se baser pour juger de l'opportunité de tolérer est néfaste pour la société; le relativisme empêche de voir l'intérêt général. En effet, dans les démocraties libérales, chacun lutte pour le respect intégral de ses libertés sans même penser quel en sera l'effet sur la société. Au nom du principe que tout se vaut, l'intérêt commun se perd dans la composition des intérêts dominants. C'est l'addition de plusieurs intérêts, parfois opposés, qui crée la majorité. Ce genre de situation bloque le système politique et met la démocratie en péril car elle peut parfois se retrouver dans une situation paradoxale : un ennemi de la démocratie pourrait bénéficier des règles démocratiques afin de se renforcer pour ensuite l'abattre (c'est d'ailleurs ce que font la plupart des mouvements terroristes antidémocrates). Une tolérance sans limite facilite l'apparition de l'intolérance puisque celle ci étant tolérée comme tout le reste, elle se développe comme un cancer, gagnant toujours plus de gens à sa cause car plus il y a de l'intolérance, plus il y a de gens qui deviennent intolérants afin de la combattre! Nous revenons donc encore une fois au même dilemme : afin de combattre l'intolérance, l'État se doit d'être intolérant, ou du moins de fixer des limites à sa tolérance.

Premièrement, la préservation de la tolérance exige que l'on ne respecte pas intégralement cet idéal, alors il faut se rapprocher le plus possible de l'idéal, c'est à dire tolérer jusqu'à un degré au delà duquel la tolérance et la démocratie se mettraient elles mêmes en danger de disparition. Il faut aussi que ces limites soient raisonnables : l'État ne peut abuser du pouvoir qu'il détient car en éliminant ainsi l'intolérance, il risquerait d'éliminer aussi la tolérance. Un gouvernement démocratique se doit de tolérer la dissidence, l'opposition. Pour se prémunir contre ce danger d'abus, Montesquieu a mis au point sa célèbre théorie sur les trois pouvoirs. Le pouvoir législatif vote des lois, mais elles sont soumises à la Constitution. C'est le pouvoir judiciaire qui juge si ces lois entrent en conflit avec la Constitution et si tel est le cas, la loi concernée doit être reformulée afin d'être conforme à la Constitution, laquelle inclut habituellement une charte des droits. Ce mécanisme empêche le gouvernement de se servir de son pouvoir afin d'annihiler les droits individuels des citoyens10.

Deuxièmement, il faut que la tolérance, qui est l'acceptation des différences, soit réciproque. Cela signifie que tous doivent croire en la tolérance afin que tous soient tolérés. On ne peut tolérer ce qui est intolérant car cela nuit à la réciprocité. Le principe de réciprocité, de «réflexivité» comme disait Voltaire, est très important car il serait contradictoire de tolérer un comportement, un individu intolérant qui brimerait autrui; on doit se doter de moyens pour se défendre contre l'intolérance, qui se protège souvent en dénonçant l'intolérance dont elle est victime... Malheureusement, cet argument est trop souvent entendu; il s'appuie sur le fait que la tolérance est une des principales valeurs de la démocratie libérale. Ce dogme enchaîne bien souvent la démocratie à une exigence qui ne fait que lui nuire en aidant ses ennemis... Il est maintenant évident que la réflexivité est un moyen nécessaire pour préserver et la tolérance et la démocratie.

Troisièmement, et ceci est plus problématique, quelles valeurs sont tolérables, lesquelles ne le sont pas? Pour déterminer cela, on a besoin de certaines valeurs communes comme points de référence, car si on juge ce qui doit être toléré selon nos propres valeurs, tous ceux qui ne nous ressembleront pas seront automatiquement en tort. Charles Taylor a dit : Pour nous entendre sur une reconnaissance réciproque des différences autrement dit, sur la valeur égale des différences il faut partager plus que la croyance en ce principe d'égalité; nous devons aussi partager des normes en fonction desquelles les identités en question peuvent mesurer leur égalité.11

Cet extrait est une excellente synthèse des problèmes que soulève la question de ce concours. Il implique qu'afin de ne pas tomber dans le piège du relativisme où tout se vaut, on doit «partager des normes en fonction desquelles» on pourra juger de l'opportunité de tolérer ou non. On a déjà vu pourquoi le relativisme est néfaste : absence d'intérêt commun, possibilité d'excès causés par la passivité, etc.12. Pour y remédier, on doit se donner un point de référence, des valeurs communes à la majorité des individus et groupes. Dans les sociétés démocratiques, on pourrait dire que ces valeurs sont la liberté, la justice, l'égalité. Mais encore là, cette affirmation pourrait être matière à discussion. En effet, tous n'interprètent pas de la même façon ces valeurs. Il y a peut être une solution à ce problème : selon Glucksmann13, il faudrait, afin de trouver les limites de la tolérance, se servir d'un humanisme négatif (dont on trouve les premières traces dans la déclaration des droits de l'homme de 1793). Cela veut dire que pour savoir ce qu'on doit tolérer, il suffit de savoir ce qui est intolérable. Le droit est d'ailleurs basé sur ce principe : tout ce qui n'est pas interdit par la loi est permis. On évite ainsi le problème des valeurs universelles : il est beaucoup plus facile de savoir ce qu'on ne veut pas que ce que l'on veut! De plus, cela respecte l'exigence de tolérance puisqu'ainsi le domaine de ce qui est permis est beaucoup plus vaste car cette exigence signifie qu'on doit être le moins restrictif possible.

Quatrièmement, et d'une manière plus pratique, certaines évidences s'imposent quant à l'application de ces limites. Premièrement, les pensées ne peuvent être contraintes. L'important, c'est que l'individu se conforme dans ses actes et paroles aux limites que lui impose le droit. Sinon, il devra s'attendre aux sanctions prévues par la loi. Cela amène un phénomène typique de la démocratie libérale : ce qu'on pourrait appeler «l'inflation juridique». De plus en plus, les individus font appel aux tribunaux afin de faire reconnaître leurs droits. Les juges, faisant appel à la Constitution afin de rendre leurs décisions, les élus se trouvent court-circuités. Ce sont donc maintenant les juges qui sont de plus en plus appelés à fixer les limites de la tolérance. Ceux ci s'en plaignent. Selon eux, les politiciens se déchargent sur eux d'un problème insoluble qu'il ne leur appartient pas de régler. On ne peut pas reprocher aux citoyens de revendiquer ce qu'ils croient être leurs droits. Alors, peut on penser que notre société est trop libre pour assurer son bon fonctionnement? Il semble que cette question, que les juges sont amenés à résoudre, résume bien le dilemme de la tolérance...

Un des défis les plus grands posés à la démocratie est ce qu'on appelle en anglais le «politically correct». Afin de réparer certaines injustices telles le sexisme et le racisme, certaines expressions, certaines opinions sont devenues «à la mode». Par exemple : les Noirs américains sont devenus des Afro-Américains. Il n'est plus «politically correct» de les appeler simplement des Noirs. Mais, plus important, toute contestation d'une position qui est conforme à leurs intérêts, même si elle est légitime, est souvent assimilée à de l'intolérance. Il est fort probable que ceux qui prônent ce qui est «politically correct» et ceux qui le contestent ont au point de départ les mêmes valeurs : égalité, justice, liberté. La distorsion se produit au niveau épistémologique, c'est à dire que ces valeurs «universelles» n'ont pas de signification universelle, d'où l'incompréhension entre les interlocuteurs. Comme on le voit, on peut être bien intentionné et ne pas respecter l'exigence de tolérance, ou encore, cela revient à la même chose, ne pas remplir nos devoirs face à la tolérance.

Il est évident que la tolérance bénéficie toujours plus aux plus faibles qu'aux plus forts. La majorité doit s'adapter à la minorité ainsi protégée et reconnaître la pluralité des intérêts, ce qui est très difficile lorsque cela nuit aux siens propres. De plus, on doit accepter que notre point de vue perde, c'est à dire qu'ayant été entendu, il n'ait pas été retenu. Tout cela exige le respect du processus démocratique. Mais en fait, on ne doit pas seulement nous demander de reconnaître la pluralité des opinions, on doit nous y obliger. Cela ne peut pas être une question de choix pour les individus, sinon la tolérance ne serait appliquée que par ceux qui y croient, avec les conséquences auxquelles on a déjà fait allusion. La loi doit tous nous forcer à être tolérants, assurant ainsi la «réflexivité». La tolérance nous oblige aussi à tolérer ce qui semble intolérable, mais seulement dans la mesure où cet intolérable n'est pas lui même intolérant, c'est à dire qu'il ne brime pas le principe de réflexivité.

On peut maintenant faire un certain constat de la tolérance appliquée à la démocratie libérale. Tout d'abord, on constate l'échec de la Raison telle que les Lumières l'ont conçue. Cela entraîne une autre conséquence grave : on réalise que l'idée que l'humanité puisse avoir des valeurs universelles, que tous auraient intériorisées, est un mythe. De plus, l'expérience le prouve, l'éducation ne conduit pas à plus de rationalité. Les humains agissant égoïstement14, ils ne toléreront que lorsque cela servira leurs propres intérêts : rares sont ceux qui tolèrent par principe. Quant à l'idée de valeurs universelles fondées en raison, elle est utopique. En effet, la disparité des cultures et des intérêts empêche d'avoir pour fondements des valeurs universelles. On croyait à l'époque des Lumières que la raison ferait en sorte que les individus adopteraient des valeurs «objectives», c'est à dire des valeurs n'appartenant pas à une culture, un groupe ou des intérêts déterminés, mais qui seraient plutôt choisies en fonction du bien commun. Comme on l'a constaté avec les années, certains ne se réclament de ces valeurs (liberté, égalité, justice) que lorsqu'ils sont en position d'infériorité, et dès qu'ils deviennent majoritaires, ils deviennent intolérants (prenons pour exemple les divers mouvements intégristes islamiques). Dans ce cas, c'est la raison qui domine, mais seulement au service de groupes ou d'individus particuliers. De plus, ces valeurs laissent place à différentes définitions ou interprétations. De nos jours, mêmes les dictateurs se déclarent démocrates. En fait, ces valeurs sont dénaturées. Elles ont été imposées par une certaine élite d'Occident, sûre d'apporter ainsi la civilisation à l'humanité. Bien sûr, elles existaient aussi ailleurs, mais leur signification était différente. On le voit bien aujourd'hui avec les flux migratoires et les nombreux fractionnements de la société occidentale, il est maintenant impossible d'avoir une société assez homogène pour permettre l'apparition de valeurs universelles sur lesquelles fonder la tolérance. La démocratie libérale, fondée sur le pluralisme et donc sur la tolérance, qui elle même reposait sur l'universalité des valeurs est un échec. La démocratie est tout au plus une expérience sociale prometteuse. Afin qu'elle survive, elle doit continuer d'être pluraliste, puisque c'est son essence. Mais elle doit aussi faire comprendre aux individus que leur intérêt réside dans la tolérance. Si tous comprennent qu'ils dépendent de leurs voisins, la démocratie aura atteint une bonne partie des objectifs qu'elle s'est fixés. Mais nous n'en sommes pas encore là : on doit d'abord repenser la théorie démocratique afin qu'elle reflète mieux la réalité. Le pragmatisme permettra de résoudre une bonne partie des problèmes auxquels nous faisons face et de dissoudre les illusions dans lesquelles des générations de démocrates se sont bercés. Nous vivons à une époque nihiliste, caractérisée par le relativisme des valeurs, l'absence de valeurs suprêmes et le rejet de l'humanisme des Lumières. C'est à partir de cette base qu'on pourra élaborer de nouvelles solutions au problème de la tolérance en démocratie.

BIBLIOGRAPHIE

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NOTES

note 1 On préféra alors sacrifier temporairement le principe de tolérance afin de consolider la démocratie.

note 2 Voir à ce propos l'ouvrage de G. Gusdorf pour une description du contexte historique dans lequel cette idée se développa.

note 3 Ainsi, aux États Unis, les idéaux républicains des Pères de la Révolution ont rapidement cédé la place à une lutte acharnée entre intérêts opposés.

note 4 Par «tolérance pure», on veut signifier une tolérance totale à laquelle il n'est pas nécessaire de fixer des limites externes, car la raison de chacun s'en charge.

note 5 C'est là l'idée même qui sous tend la notion de consensus.

note 6 En fait s'entendre en raison, en faisant appel à une raison universelle, au moyen du dialogue, est un idéal que les humains doivent poursuivre. À ce sujet on lira avec grand profit l'ouvrage d'Éric Weil.

note 7 À titre d'exemple, on peut citer le cas de la communauté juive en Europe au temps des Lumières : elle n'a commencé à être acceptée que lorsqu'elle s'est ouverte aux sociétés dans lesquelles elle vivait.

note 8 Encyclopédie philosophique universelle, les notions philosophiques, tome Il, P.U.F., Paris, 1990, page 2611.

note 9 À ce sujet le dernier livre de Gilles Lipovetsky, Le Crépuscule du Devoir, Gallimard, collection Esais, Paris, 1992, 292 pages

note = 10 On connaît aujourd'hui bien des problèmes liés à ce partage du pouvoir, les politiciens ayant de plus en plus tendance à se décharger sur les juges de leur de légiférer.

note = 11 Taylor, Charles, Grandeur et misère de la modernité, Bellarmin, Montréal, 1992, page 70.

note = 12 On reconnaît l'un des problèmes cruciaux qu'affrontent les démocraties

note = 13 Glucksmann, André, «Le nihilisme de Michel Foucault», Foucault philosophe, Seuil, Paris, 1989, page 395.

note = 14 Ici, égoïsme n'est pas employé dans un sens péjoratif, mais dans un sens où l'intérêt particulier coïncide avec l'intérêt commun.



Courrier électronique



Révisé le 23 mai 1999

Pierre Cohen-Bacrie


                                                                                
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