UNIVERSALITE DES DROITS HUMAINS FONDAMENTAUX

Sur le mur de Berlin

Les droits fondamentaux et la démocratie ont-ils une valeur universelle malgré les différences sociales et culturelles?

"Les droits de l'Homme sont universels parce que tous les êtres humains ont des droits fondamentaux que l'on ne peut nier sous peine de nier l'humanité elle-même. Partout, on doit respecter l'intégrité de la personne humaine, partout, les êtres humains ont le droit de ne pas être torturés, tués, mutilés, de ne pas être réduits en esclavage, de recevoir des soins, d'avoir accès à l'éducation, à la culture, partout, les êtres humains doivent pouvoir penser et s'exprimer librement..."
Robert Badinter, entrevue à propos du 50e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme, 1998.


un dialogue de sourds / les droits des femmes



IDialogue de sourds
(source: Washington Post, 30 octobre 1997)


- Le président Clinton: La liberté d'expression n'est pas le droit inné des Américains ou des Occidentaux ("birthright of Americans or Westerners"), mais le droit inné de chaque être humain où qu'il se trouve (" but of people everywhere" ).

-Le président Jiang: La Chine et les États-Unis ont des traditions culturelles et historiques ("historic and cultural traditions") différentes, et les notions de démocratie, de droits fondamentaux et de liberté sont relatifs ("concepts on democracy, on human rights, and on freedoms are relative").

Adapté et traduit de l'article:
In a Most Unusual Setting, A Spirited Debate Unfolds
John F. Harris, Washington Post Staff Writer, Thurs., Oct. 30, 1997; Page A01





II

LES DROITS DES FEMMES

Droits / appui / réserves / limites


PROGRAMME D’ACTION
(extrait)

ADOPTÉ LORS DE LA QUATRIÈME CONFÉRENCE MONDIALE SUR LES FEMMES

TENUE DU 4 au 15 SEPTEMBRE 1995 à BEIJING

CONFORMÉMENT AUX RÉSOLUTIONS 45/129 et 46/98 de l’Assemblée générale de l’ONU

96. Les droits fondamentaux des femmes comprennent le droit d'être maîtresses de leur sexualité, y compris leur santé en matière de sexualité et de procréation, sans aucune contrainte, discrimination ou violence, et de prendre librement et de manière responsable des décisions dans ce domaine. L'égalité entre les femmes et les hommes en ce qui concerne la sexualité et la procréation, y compris le respect total de l'intégrité de la personne, exige le respect mutuel, le consentement et le partage de la responsabilité des comportements sexuels et de leurs conséquences.




Un point de vue occidental (?):

30. La représentante des États-Unis d'Amérique a présenté par écrit la déclaration dont le texte suit :

(...)

Paragraphe 96

Tel que le comprennent et l'acceptent les États-Unis, le paragraphe 96, qui porte, entre autres, sur l'établissement de relations égales entre les hommes et les femmes, applique les normes existantes de la législation concernant les droits de l'homme à ces importants domaines de la vie des hommes et des femmes, et souligne ainsi l'importance d'assurer la possibilité de mener librement sa vie hors de toute coercition, discrimination ou violence dans les rapports entre les sexes.




Un point de vue inspiré par des “valeurs sociales et culturelles” différentes:

15. Le représentant de l'Iraq a présenté par écrit la déclaration dont le texte suit :

La délégation de l'Iraq a des réserves au sujet du paragraphe 96 du Programme d'action dont la teneur est incompatible avec nos valeurs sociales et religieuses. Ces réserves s'appliquent également au paragraphe 232 f) où il est fait allusion au paragraphe 96.

La délégation de l'Iraq accepte le texte du paragraphe 274 d) dans la mesure où sa teneur n'est pas incompatible avec la charia islamique.

18. La délégation koweïtienne a présenté par écrit la déclaration dont le texte suit :

La délégation koweïtienne attache une grande importance au Programme d'action adopté par la Conférence et pense qu'il contribuera utilement à l'amélioration de la condition de la femme. Toutefois, nous devons faire des réserves sur tout ce qui est contraire à la charia islamique et aux coutumes et pratiques de notre société musulmane, en particulier les paragraphes 94 à 96, l'alinéa k) du paragraphe 106 et l'alinéa f) du paragraphe 232.

Nous souhaitons voir ces réserves consignées dans le rapport de la Conférence.

19. La délégation libyenne a présenté par écrit la déclaration dont le texte suit :

(...)

Convaincus qu'un dialogue entre les différentes cultures et civilisations du monde est indispensable à l'instauration de la paix sociale universelle, nous ne reconnaissons à aucune nation ni civilisation le droit d'imposer à aucune autre sa culture ou ses orientations culturelles, politiques, économiques ou sociales. Convaincus également que chaque État a le droit souverain d'adopter des politiques intérieures conformes à ses convictions religieuses, à ses lois propres et aux priorités de son développement social et économique, nous considérons que les termes et expressions utilisés dans le Programme d'action doivent être interprétés et appliqués dans les limites fixées par nos convictions, ainsi que par les lois et traditions qui régissent le fonctionnement de notre société.

Cela étant, nous tenons à faire des réserves sur les éléments suivants :

(...)

d) Le paragraphe 96 et l'alinéa f) du paragraphe 232, qui sont contraires à nos valeurs sociales et culturelles;

23. La délégation marocaine a présenté par écrit la déclaration dont le texte suit :

La délégation marocaine émet des réserves sur le paragraphe 96 et l'alinéa k) du paragraphe 106 du Programme d'action, dont le contenu est en contradiction avec les préceptes de l'islam, n'est pas conforme à ses valeurs spirituelles et ses traditions culturelles. Elle émet également des réserves sur l'alinéa f) du paragraphe 232 qui se réfère au paragraphe 96, et sur l'alinéa d) du paragraphe 274.

La délégation du Royaume du Maroc souhaite que ses réserves soient consignées dans le rapport de la Conférence.





Un point de vue plus universel:

 L'article 1er de la Déclaration de principe sur la tolérance de l'UNESCO (1995) pose une limite claire à la tolérance:
"La tolérance est, avant tout, une attitude active animée par la reconnaissance des droits universels de la personne humaine et des libertés fondamentales d'autrui. En aucun cas la tolérance ne saurait être invoquée pour justifier des atteintes à ces valeurs fondamentales."

 Un philosophe des Lumières contre l'infibulation:
B. [...] l'infibulation des femelles ; et de là tant d'usages d'une cruauté nécessaire et bizarre, dont la cause s'est perdue dans la nuit des temps, et met les philosophes à la torture. Une observation assez constante, c'est que les institutions surnaturelles et divines se fortifient et s'éternisent, en se transformant, à la longue, en lois civiles et nationales ; et que les institutions civiles et nationales se consacrent, et dégénèrent en préceptes surnaturels et divins.
A. C'est une des palingénésies les plus funestes.
B. Un brin de plus qu'on ajoute au lien dont on nous serre.
Denis Diderot, Supplément au voyage de Bougainville.

 Article sur la clitoridectomie
Indonesia Today.


 




PHILOSOPHIE, EDUCATION, CULTURE


modifié le 9 mars 2008



Pierre Cohen-Bacrie












Sur le mur de Berlin, cette oeuvre est d'Érik Bulatov, né en 1933, à Ural (Fédération de Russie).



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